Introduction - Petit traité antidéprime: 4 saisons dans le bonheur - 4
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... Le problème ne réside pas tant dans la nature de ce que la société valorise. Des valeurs telles que la réussite professionnelle peuvent très bien rendre beaucoup de gens heureux. Le danger se situe plutôt dans la manière dont nous adoptons ces valeurs, souvent sans aucunement analyser leur pertinence par rapport à nos propres goûts. Par exemple, si l’on nous dit pendant notre enfance que le mariage rend profondément heureux, il se peut bien que l’avenir nous le confirme. Mais si nous adoptons cette croyance et que nous avons la malchance de vivre une union difficile s’achevant par un divorce, nous risquons d’être encore plus déçus que si nous n’y avions pas cru. Si nous suivons le courant en ne nous fiant plus qu’à ce que pense le plus grand nombre, il devient extrêmement facile de perdre pied, de ne pas comprendre où nous allons. Bien sûr, ce phénomène est normal: nos activités, les gens que nous fréquentons, les médias expriment sans cesse certaines valeurs. Il est naturel de finir par les assimiler. Mais si toutes ces variations du plaisir ou de la reconnaissance peuvent parfois nous rendre heureux, elles n’assurent pas pour autant notre bien-être.

Résumons la définition du bonheur qui a été entamée. Il ne peut s’agir de simples valeurs sociales ni d’un état d’euphorie constant puisque notre organisme le réduirait nécessairement. Chaque personne élabore sa propre définition du bonheur selon ses expériences et ses intérêts ; cette définition prend souvent une forme idéale, absolument irréaliste parce que impossible à maintenir constante. Que reste-t-il ? Comme nous le constatons, tenter de définir le bonheur de manière universelle s’avère plutôt ardu. C’est cette erreur que nous commettons fréquemment lorsque nous le définissons par des caractéristiques générales, comme être aimé, riche, puissant, etc.

Au cours des pages qui suivent, je présenterai un bonheur qui prend forme à travers des dispositions absolument personnelles. Au lieu d’un idéal, il s’agira plutôt d’un contexte, d’un état d’esprit fonctionnel lié à la manière dont nous utilisons le sens dans notre vie. Et s’il reste vain de tenter une explication unique qui engloberait toutes les formes du bonheur, il est possible d’identifier ce qui s’impose à l’origine : la compréhension, puis la maîtrise des processus psychologiques et des comportements qui permettent de vivre pour nous-mêmes quatre saisons dans le bonheur.

Maintenant que j’ai défini le bonheur avec autant de réserves, on est en droit de se demander de quel état il peut bien s’agir. À la différence, donc, d’un bonheur illusoire et particulièrement intense, je parlerai d’un autre bonheur. Je le définirai, celui-là, comme un état stable de bien-être et d’harmonie avec soi-même, avec les autres et avec la majorité des événements de notre vie. J’expliquerai certains éléments fondamentaux qu’il est nécessaire de comprendre et d’accepter pour parvenir à cet état et l’entretenir. Ce bonheur, réalisable celui-là, deviendra en quelque sorte prévisible, maîtrisable. Ces qualités le distingueront des moments qui, pour plus agréables et plus inattendus qu’ils soient – comme réaliser avec succès un objectif longuement caressé –, restent impossibles à anticiper, à maîtriser véritablement, et surtout ne durent jamais très longtemps.

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