Archéologie
de la médecine au Québec,
Paris, L'Harmattan, 2001, 152 p.
Tout
travail archéologique entreprend d’exhumer du passé
les artéfacts, les fragments de sens qui aident à mieux
comprendre une société, à travers son histoire
et jusque dans son dynamisme contemporain. Ainsi en est-il de l’importance
qu’a occupée la médecine au Québec qui,
dans la première moitié du dix-neuvième siècle,
a marqué une période charnière autant dans le
traitement des maladies que dans les relations avec la population.
À
partir de pièces d’archive d’origines diverses
— des textes soigneusement choisis pour représenter les
nombreux registres de discours de cette époque —, cet
ouvrage analyse les différentes croyances qui étaient
entretenues tant par les médecins, à travers leurs pratiques,
que par la population.
En
cela, la théorie qu’a développée Thomas
Kuhn concernant la formation d’un paradigme scientifique reste
très importante puisqu’elle montre à quel point
la médecine de l’époque, parallèlement
à d’autres sciences plus ou moins émergentes (chimie,
biologie, etc.), n’était pas définie et s’élaborait
encore dans une phase primitive qui ne régissait pas efficacement
ses pratiques et laissait s’affairer les charlatans.