La quantité d'informations
Il
est étonnant de constater à quel point on se satisfait
souvent de conclusions tellement rapides et incomplètes qu’elles
ne signifient rien. C’est le cas lorsque l’on affirme, par
exemple, que les habitants de tel ou tel pays étranger sont paresseux,
sans pour autant que l’on connaisse un seul de ces habitants ni
la culture du pays en question, outre le fait que l’on n’y
a jamais mis les pieds… Si on réfléchissait un instant,
on s’apercevrait tout de suite que l’on se ment à
soi-même, car rien ne nous permet de soutenir pareilles conclusions.
Les
informations présentes dans l’environnement – qu’elles
prennent la forme d’une situation, des paroles de quelqu’un
ou d’une évaluation de notre personne – sont beaucoup
trop nombreuses pour que nous puissions les détailler toutes.
Puisque nous sommes exposés à un flot d’informations
trop complexes, nous devons baser nos conclusions sur une part d’incertitude.
Malgré cette difficulté, nous sommes toujours en mesure
de faire un effort pour que nos conclusions reposent sur une quantité
suffisante d’informations.
L’image
que j’aime bien employer pour illustrer le fait que nous concluons
souvent à partir d’informations insuffisantes est celle
de l’équation incomplète. C’est comme si,
à la question « 4 + n font combien ? », nous répondions
avec assurance que cela fait 9, et ce, même si rien ne nous indique
la valeur de la variable « n ». Nous décidons pourtant,
sans égard aux informations disponibles, que la réponse
est « 9 ». Imaginez à quel point il peut devenir
absurde de s’obstiner à conclure sur un sujet pour lequel
nous ne disposons résolument pas d’informations suffisantes.
Nous procédons néanmoins de la sorte à tous les
jours…
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