La
généralisation
Chaque jour, nous apprenons. Puisque
notre expérience du monde reste fondamentalement limitée,
nous ne pouvons constamment vérifier si ce que nous avons appris
est toujours vrai. C’est à ce moment que nous généralisons
: le feu brûle toujours, le soleil se lèvera chaque jour
sur l’horizon.
Mais que se passe-t-il lorsque les phénomènes
sont beaucoup plus complexes ? Le potentiel d’erreur augmente.
Or, la généralisation devient d’autant plus néfaste
et facile à commettre qu’elle provient de notre façon
naturelle de raisonner. Elle passe inaperçue la plupart du temps…
La
généralisation devient une distorsion
cognitive lorsque nous concluons trop vite ou que nous poussons
trop loin une conclusion. Elle se manifeste lorsque, constatant qu’un
ou quelques cas particuliers ont une certaine ressemblance entre eux,
nous en déduisons que tous les autres cas semblables sont identiques,
se déroulent de la même façon ou mènent aux
mêmes conséquences.
Cette
distorsion cognitive est due à des lacunes dans les axes du traitement
de l’information. Premièrement, l’échantillon
d’informations n’est pas suffisamment étendu
pour que l’on soit en mesure de généraliser. Deuxièmement,
ces informations ne
sont pas non plus assez représentatives pour nous permettre
d’en tirer une conclusion générale. Par exemple,
si une personne vient de vivre une mauvaise expérience amoureuse
et que ce genre de malchance lui est déjà arrivé
plusieurs fois, elle croira davantage, à tort, que la prochaine
expérience sera désastreuse. La généralisation
la conduira à ce genre de conclusion : Tous les membres du sexe
opposé sont immatures, ou encore : Nous savons bien que, vous,
les hommes (ou les femmes), vous êtes toujours...
La généralisation nous
enferme dans les deux issues extrêmes du tout ou rien, qui nous
privent de la richesse de la réflexion et de tous les niveaux
intermédiaires de compréhension. La généralisation
nous nuit spécialement lorsqu’elle nous incite à
exagérer quelques éléments négatifs. Par
exemple, le fait d’être rejeté par quelqu’un
risque de nous pousser à généraliser l’incident,
c’est-à-dire à croire que d’autres personnes
nous rejetteront aussi. De la même manière, quelques échecs
généralisés peuvent nous donner la fausse certitude
de ne pouvoir réaliser rien de bon dans la vie.
Et
comme si ce n’était pas assez, la généralisation
nous fait minimiser
les aspects positifs de la vie. Elle nous amène, par exemple,
à banaliser nos réalisations ou à refuser de les
apprécier à leur juste valeur en nous faisant croire que
tout le monde aurait pu faire la même chose. Nous ne devrions
raisonnablement pas nous fier à des conclusions aussi excessives,
mais c’est ce que nous faisons très souvent, sans même
nous en apercevoir.
Voir
aussi Les
analogies généralisées
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aux distorsions cognitives
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