La
cognition humaine : l’épine dorsale des organisations
Les
dirigeants ont parfois de la difficulté à reconnaître
le rôle de leurs employés dans le bon fonctionnement
de leur entreprise. C’est que l’apport des ressources
humaines est difficile à comptabiliser dans la ligne du bas…
Mais cette tendance diminue à mesure que la complexité
du travail augmente. Car tous ceux qui emploient des travailleurs
du savoir gagnent à tirer profit des processus psychologiques
qui, justement, sous-tendent une part majeure de la productivité
de l’entreprise. Ces processus sont directement impliqués
dans la prise de décision, la résolution de problèmes
et l’innovation. Ils jouent donc un rôle primordial.
Encourager
les forces
Les
entreprises peuvent ainsi utiliser des ressources qui leur permettent
d’améliorer les processus cognitifs de leurs employés.
Par exemple, même si de nombreux logiciels sont disponibles,
encore faut-il que les employés les utilisent selon leur véritable
potentiel. Car les logiciels constituent un véritable soutien
cognitif. Leur utilisation influence entre autres la capacité
des employés à apprendre et à utiliser les ressources
informationnelles disponibles en faveur de l’innovation. À
cet égard, les différentes formations sont également
très importantes. En plus de favoriser une meilleure utilisation
des outils informatiques, elles aident les employés à
tirer le meilleur d’eux-mêmes en gérant mieux leurs
conflits, leurs émotions et en améliorant leur aptitude
à communiquer.
Les
recherches en sciences cognitives peuvent aussi inspirer de nouveaux
outils et de nouvelles pratiques pour, par exemple, améliorer
l’encodage et le rappel en mémoire d’informations
apprises récemment. Elles peuvent aussi aider à maximiser
la catégorisation, un processus cognitif fondamental chez l’être
humain impliqué autant dans la mémorisation que dans
l’utilisation du langage.
Soutenir
les faiblesses
Mais
le cerveau humain possède aussi de nombreuses faiblesses. L’oubli
d’une information clé ou le manque d’attention
qui fait prendre une mauvaise décision ou nuit à l’apprentissage
en sont des exemples. La mauvaise gestion des émotions qui
favorise les malentendus, les conflits et qui fait résister
au changement n’est pas non plus sans causer de lourds problèmes.
Les sciences cognitives peuvent aider à améliorer ces
lacunes. De plus, grâce à une meilleure gestion des informations,
elles peuvent contribuer à réduire la quantité
d’informations que chaque employé doit gérer,
ce qui constitue souvent une source importante d’erreurs et
d’anxiété.
Bien
sûr, les compagnies spécialisées et la recherche
universitaire continueront de développer de nouveaux outils
informatiques pour soutenir les processus cognitifs humains. Cependant,
seule une vision à long terme et une réelle volonté
managériale permettront d’en tirer réellement
avantage.
Ainsi,
l’accession des entreprises du savoir à un nouveau degré
d’efficience passera par la possibilité de maximiser
l’apport de leurs employés en se concentrant à
soutenir leurs processus cognitifs grâce à la compréhension
moderne que fournissent les sciences cognitives. La révolution
n’en est qu’à ses débuts et seuls les visionnaires
qui prennent position maintenant se démarqueront dans le marché
de l’avenir.