Société
du savoir : les nouvelles règles du jeu
Au
XXIe siècle, les grandes entreprises comme les plus petites
doivent modifier leur manière de produire de la valeur. Pour
la première fois dans leur histoire, elles doivent employer
un grand nombre de personnes scolarisées, spécialisées
dans des domaines précis. La plus grande utilité de
ces employés ne réside donc plus dans la force brute
de leur travail au sein de bureaucraties mécanistes qui simplifient
au maximum chaque action pour accroître la productivité.
La valeur provient dorénavant de la capacité des employés
à apprendre, à utiliser leurs connaissances et à
s’adapter aux différents changements, particulièrement
à travers l’innovation.
La
société du savoir et la délocalisation des emplois
a modifié les anciennes règles de production et de compétitivité.
Et les stratégies qui consistaient à mesurer les processus
avec précision, toujours indispensables aujourd’hui,
ne sont plus suffisantes. Nous vivons à une ère où
les dimensions les plus importantes des entreprises ne se mesurent
plus toujours avec exactitude. Ces dimensions nouvelles réfèrent
à ce qu’il est convenu d’appeler le capital intangible.
C’est sur ce capital que les entreprises du savoir doivent se
concentrer. En effet, les nouvelles sources de valeur proviennent
des informations, des connaissances et de la capacité d’innover,
autant de dimensions qui ne se laissent pas facilement mesurer…
Maximiser
ces nouvelles sources de valeur grâce aux sciences cognitives
À
l’issue de la décennie du cerveau qui se terminait en
1999, nous commençons à peine à mesurer l’ampleur
de nouvelles connaissances qui, depuis quelques années, sont
pour la première fois accessibles à l’être
humain. « Le cerveau demeure une énigme, mais cela ne
nous empêchera pas d’essayer d’améliorer
nos fonctions mentales » résumait Gary Stix, dans le
numéro de septembre 2003 de la revue Scientific American, en
introduction d’un dossier portant sur la manière dont
les neurosciences peuvent améliorer différentes facettes
de la vie.
La
révolution cognitive, qui ne cesse de confirmer les changements
qu’elle engendre, n’est encore qu’à ses débuts.
Et les données scientifiques qu’elle apporte indiquent
qu’il ne s’agit pas simplement d’une mode passagère
mais bien d’un ensemble de connaissances nouvelles portant sur
ce qui, encore récemment, nous paraissait inaccessible: notre
propre cerveau. C’est ainsi que le cerveau des employés
constitue sans doute l’outil le plus important dont dispose
chaque entreprise. Mais encore faut-il tirer profit de la cognition
en suivant ce que nous commençons à connaître
de ses forces et de ses faiblesses.