Tirer profit du modèle cognitif humain dans les recherches en intelligence artificielle - 4

... 4. Tirer profit des recherches sur la cognition humaine

Malgré ses lacunes, le cerveau humain est naturellement capable d’apprendre, notamment à travers l’analyse du LN; de réviser ses connaissances à la lumière d’informations nouvelles; de désambiguïser des situations et des contenus linguistiques grâce à ses capacités inférentielles et de motiver des comportements proactifs face à ses propres connaissances. Par exemple, le jugement que nous portons sur notre apprentissage (jugement sur l’apprentissage, voir Dunlosky et Nelson, 1992) et la connaissance que nous avons des informations dont nous disposons en mémoire (jugement sur la connaissance, voir Reder, 1987). Dans cette section, nous procéderons à une brève revue des processus cognitifs supérieurs de l’être humain. Nous nous attarderons surtout à ce qui, dans ces processus, peut intéresser plus spécifiquement l’IA et les réseaux sémantiques.

4.1 L’association: similarité et contraste

Depuis Aristote jusqu’aux philosophes britanniques du XIXe siècle, l’associationnisme suggère que le fonctionnement de la pensée découle de chaînes de relations entre les connaissances. Mais cette vision s’avère réductrice si l’on se contente de représenter des informations complexes à travers de simples associations.

La capacité humaine d’associer une information avec une autre ne fait aucun doute au niveau conceptuel. Une des propriétés fondamentales de l’apprentissage et de l’utilisation des connaissances chez l’être humain consiste à associer entre eux les stimuli de l’environnement de manière à représenter les phénomènes, à les analyser et à les prévoir. Les réseaux de concepts s’organisent ainsi à partir de leurs similarités sémantiques. Deux concepts sont similaires s’ils partagent un grand nombre de propriétés (Collins et Loftus, 1975: 411). Depuis sa naissance, chaque individu a été exposé à un grand nombre de mots. Dans ce contexte, certains mots sont apparus plus souvent en présence d’autres, et ce sont ces séquences qui composent leur signification (Boucher et Dienes, 2003). Comme dans les réseaux sémantiques, l’association des informations entre elles et leur similarité sont des composantes importantes des informations stockées en mémoire.

De plus, le stockage et le traitement mémoriels sont distribués dans différentes zones du cerveau en fonction du type d’information. Mais ces parties interagissent entre elles pour interpréter et intégrer de nouvelles informations. Ce phénomène correspond au modèle d’activation par propagation : Les informations seraient donc stockées par groupes selon les réseaux de neurones qui sont activés simultanément en fonction du type d’information. ...

1. Introduction
2. Les réseaux sémantiques en IA
3. Incarnation et langage naturel
4. Tirer profit des recherches sur la cognition humaine
5. Quelques suggestions issues des recherches sur la cognition humaine
6. Conclusion
Bibliographie

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