Tirer profit du modèle cognitif humain dans les recherches en intelligence artificielle - 2

... 2. Les réseaux sémantiques en IA

En 1956, une conférence fondatrice pour la recherche en IA eut lieu à l’université de Darmouth aux États-Unis. L’année suivante, deux jeunes professeurs, Marvin Minsky et John McCarthy, lançaient au MIT le projet de recherche en IA. Depuis cette époque, les recherches en IA ont permis de constater que des problèmes ardus pour un être humain sont faciles à résoudre pour les machines alors que ces dernières ont beaucoup plus de difficulté à faire face aux problèmes simples. Autrement dit, grâce aux impressionnantes capacités de calcul des ordinateurs, il est plus facile de programmer un système expert qui excelle dans une tâche complexe aux possibilités circonscrites, comme jouer aux échecs, plutôt que de reproduire les comportements humains qui composent avec un environnement complexe, comme saisir un verre d’eau.

En effet, si les capacités linguistiques et les connaissances du monde d’un enfant de cinq ans dépassent encore celles des ordinateurs, c’est que l’être humain dispose de systèmes d’« extraction de la signification » (Bloom et al., 2003). Ainsi, une grande part des comportements que nous qualifions d’intelligents implique non seulement des algorithmes de traitement de l’information mais également un vaste répertoire de connaissances encyclopédiques sur l’environnement. Ce sens commun, aucun ordinateur ne le possède encore. Par exemple, une machine ne peut répondre à des questions comme «La Terre est-elle plus petite qu’une orange?» ou «Est-ce que les murs chantent ?» Elle ne possède pas les connaissances nécessaires pour inférer les réponses. L’ordinateur n’accède qu’au premier niveau de la signification, ce qu’illustre particulièrement le problème de l’ambiguïté lors du traitement automatique du LN (Schunn et al., 2005).

Les réseaux sémantiques ont généralement été développés à partir de deux paradigmes de recherche aux impératifs bien distincts : la modélisation pour reproduire et la modélisation pour expérimenter. Le premier paradigme, qui provient de la recherche en IA, vise à reproduire artificiellement les processus de traitement de l’information pour reproduire l’intelligence. Ces processus n’ont donc pas à correspondre exactement à ceux de l’être humain. Au contraire, le second paradigme tente de reproduire les résultats expérimentaux à l’aide des ordinateurs afin d’enrichir les théories psychologiques et de fournir de nouvelles hypothèses de recherche. Puisque le but de cet article est de s’inspirer des résultats expérimentaux sur la cognition humaine pour enrichir les modèles de l’IA, nous restreindrons nos préoccupations au premier paradigme. ...

1. Introduction
2. Les réseaux sémantiques en IA
3. Incarnation et langage naturel
4. Tirer profit des recherches sur la cognition humaine
5. Quelques suggestions issues des recherches sur la cognition humaine
6. Conclusion
Bibliographie

Suggérez ce site à quelqu'un
_______________________________________
Accueil - Livres - Formation-thérapie - Conférences
Médias - Articles - Liens utiles - Auteur - Contact

ENGLISH

L'affichage de ce site est maximisé pour une résolution de 1024 X 768 pixels