Tirer profit du modèle cognitif humain dans les recherches en intelligence artificielle - 11

... 5.1 L’apprentissage autonome à partir du LN

Nous mentionnions précédemment l’habituelle absence de relations extensionnelles. Les réseaux sémantiques se contentent d’utiliser des concepts tels que les programmeurs les encodent. S’agit-il réellement d’un problème ? Cela constitue au moins une limitation. Comme dans le cas du projet Cyc (voir http://www.cyc.com), la charge de travail est colossale pour qui tente de programmer une à une les informations qui fourniraient un sens commun à une machine. Et cette difficulté s’étend plus loin: puisque le contenu de l’environnement varie sans cesse, les connaissances changent aussi. Il faut donc poursuivre sans relâche les corrections et la programmation des nouveaux faits pour rester à jour pour que les représentations restent adaptées à l’environnement.

Le LN nous semble une source particulièrement riche d’informations, surtout lorsqu’il s’agit de créer rapidement d’importantes bases de connaissances sous forme de réseaux sémantiques. Les textes contiennent des informations complexes qui impliquent, entre autres, des relations de conjonction, de disjonction et de négation. Des efforts pour exploiter la structure du LN dans l’apprentissage des machines sont déjà manifestes (voir Iwanska et Shapiro, 2000). Et les avantages sont nombreux. Le LN implique la redondance et la contradiction logique, ce qui permet d’intégrer les sens non littéraux et d’identifier des fausses croyances. Le LN motive également des apprentissages réels même en l’absence des stimuli initiaux (ex.: l’apprentissage humain grâce à la lecture) et il fournit de nombreux avantages informationnels, allant du stockage de la connaissance à l’échange d’informations entre agents. Le LN peut représenter la plupart des connaissances et son utilisation est généralisée chez l’être humain, ce qui facilite les interactions avec les machines. Enfin, l’Internet contient une quantité croissante d’informations sous forme textuelle qui sont encore sous-exploitées.

L’analyse automatique de nombreux types de textes à partir d’algorithmes inspirés de la structure du LN constituera un moyen efficace d’apprentissage pour les réseaux sémantiques (Voir par exemple Church (1988) qui utilise la récurrence statistique des mots pour leur associer la bonne étiquette grammaticale lors de l’analyse textuelle.). Des recherches en linguistique informatique ont également montré qu’il était possible d’acquérir des informations linguistiques (ex.: morphologie, classes sémantiques, noms composés, etc.) à partir de vastes corpus de textes (Joshi, 1999). Sans être la réponse à tous les problèmes, une plus grande utilisation du LN pourrait engendrer de réelles améliorations.

Mais même si nous utilisons de grandes quantités de textes pour l’apprentissage des connaissances, il n’existe aucune théorie générale sur la manière d’organiser automatiquement ces concepts dans un réseau. Il n’est donc pas suffisant de disposer de liens entre des concepts, encore faut-il rendre ces liens polyvalents pour les exploiter de façon productive. ...

1. Introduction
2. Les réseaux sémantiques en IA
3. Incarnation et langage naturel
4. Tirer profit des recherches sur la cognition humaine
5. Quelques suggestions issues des recherches sur la cognition humaine
6. Conclusion
Bibliographie

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