Tirer profit du modèle cognitif humain dans les recherches en intelligence artificielle - 1

RÉSUMÉ. Depuis quelques dizaines d’années, les recherches en sciences cognitives, notamment en psychologie et en neurosciences, dévoilent progressivement le fonctionnement du cerveau humain. Malheureusement, le manque de communication entre les disciplines rend encore difficile l’exploitation de ces nouvelles connaissances dans les recherches en intelligence artificielle. À partir de l’exemple des réseaux sémantiques en IA, nous verrons quels enjeux épistémologiques et quels domaines de la psychologie cognitive pourraient enrichir une telle perspective.

1. Introduction

Depuis quelques dizaines d’années, les recherches en sciences cognitives, notamment en psychologie et en neurosciences, dévoilent progressivement le fonctionnement du cerveau humain. Malheureusement, le cloisonnement entre les disciplines scientifiques rend encore difficile l’exploitation de ces nouvelles connaissances dans les recherches en intelligence artificielle (IA). Dans cet article, nous verrons que les connaissances sur la cognition humaine peuvent suggérer les caractéristiques de capacités cognitives plus flexibles en IA, notamment dans l’exploitation active du langage naturel (LN) lors de l’organisation et du transfert des connaissances (Iwanska et Shapiro, 2000). À partir de l’exemple des réseaux sémantiques en IA, nous verrons quels enjeux épistémologiques et quels domaines de la psychologie cognitive pourraient enrichir une telle perspective. Cette idée promeut plus généralement un rapprochement entre les sciences cognitives et l’IA. En effet, une meilleure compréhension du cerveau est propre à nourrir de nouvelles perspectives de recherche en IA. Cette position est d’ailleurs celle qu’a présentée Tom M. Mitchell (2002), l’ancien président de l’Association américaine pour l’intelligence artificielle. Pour ce faire, nous emploierons l’exemple des réseaux sémantiques en intelligence artificielle qui se prête bien à ce sujet.

Mais avant de commencer, voici une brève description de la théorie des réseaux sémantiques en IA. Les réseaux sémantiques formalisent la notion selon laquelle les connaissances déclaratives, qui ont pour support le langage, peuvent être organisées en réseaux. Un réseau sémantique est un graphe, c’est-à-dire un entrecroisement de lignes et de points formant un réseau, qui représente les relations sémantiques qu’entretiennent les mots les uns avec les autres. Le croisement – ou nœud – entre plusieurs mots permet d’identifier le contenu (sens) de l’un d’entre eux au sein du réseau.

Selon ce modèle, la signification d’un concept, qu’il s’agisse d’une idée, d’un objet ou d’une procédure, réfère toujours à d’autres concepts. Pour construire ces représentations et référer aux autres mots, on fait habituellement appel à des flèches et à des étiquettes. Les relations sont le plus souvent binaires ; des flèches indiquent le sens de la relation. Les connaissances sémantiques du système sont ainsi représentées à travers un réseau de mots, donc ces connaissances sont communicables à l’aide du langage naturel (LN). Dans un réseau sémantique, un concept et sa signification est représenté par un mot et par l’ensemble des liens qui unissent ce mot à d’autres. Un ouvrage collectif détaillé dirigé par Lehmann (1992) présente les grandes théories des réseaux sémantiques qui ont été développées depuis leurs commencements. ...

1. Introduction
2. Les réseaux sémantiques en IA
3. Incarnation et langage naturel
4. Tirer profit des recherches sur la cognition humaine
5. Quelques suggestions issues des recherches sur la cognition humaine
6. Conclusion
Bibliographie

Suggérez ce site à quelqu'un
_______________________________________
Accueil - Livres - Formation-thérapie - Conférences
Médias - Articles - Liens utiles - Auteur - Contact

ENGLISH

L'affichage de ce site est maximisé pour une résolution de 1024 X 768 pixels