...
Favoriser la validité
Sarrasin
souligne que, tout comme on se préoccupe de l’essence
que l’on met dans notre auto, ainsi que du type de nourriture
que l’on mange, il est essentiel de se préoccuper des
croyances qui sont à la base de nos comportements.
Un
exemple un peu dramatique d’un sens critique absent se trouve
dans le livre How we Know what isn’t so de Thomas Gilovich.
On y présente l’histoire d’un père qui a
tué sans le vouloir sa fille atteinte d’une maladie incurable
en lui faisant suivre une cure de jus de fruits. Un autre exemple
de l’effet de fausses croyances, c’est la méprise
du joueur compulsif, c’est-à-dire que le joueur croit
que l’équilibre « économique » entre
lui et la machine finira par se rétablir tôt ou tard,
alors que cela n’est statistiquement vrai que pour de très
grands nombres d’essais successifs. Citant Kahneman dans une
publication de 1982, il ajoute qu’« au lieu de voir le
hasard s’exprimer à chaque coup, comme dans le cas de
la chance sur deux avec la pièce de monnaie, ce dernier est
perçu comme un processus qui se « corrige » de
lui-même, qui rétablit l’équilibre entre
les couleurs. [dans le cas de la roulette] »
Le
critère de démarcation de Sarrasin entre une fausse
et une vraie croyance est sa validité. Bien sur, on ne possède
pas de manière de garantir la validité d’une information
à 100%, mais certains critères nous permettent de nous
en approcher.
Dans
cette optique, il est souvent souhaitable d’avoir une attitude
de doute, de scepticisme. La méthode scientifique est probablement
la méthode la moins mauvaise dont on dispose face à
l’absolu pour augmenter la validité de nos croyances,
car la science est basée sur un ensemble de critères
qui favorisent la validité. Ces critères sont l’empirisme,
la reproductibilité (être capable de reproduire la compréhension
d’un phénomène), la critique par les pairs, et
le critère de falsifiabilité de Popper. Ce dernier critère
a été ajouté par Karl Popper quand il a remarqué
qu’Alfred Adler, qui étudiait alors la notion de complexe
d’infériorité, tentait constamment de valider
ses interprétations en fonction de ses hypothèses. Ainsi,
il devenait impossible de falsifier sa théorie. Ce «
stratagème immunisateur » est utilisé fréquemment
par certains croyants qui affirment, peut importe si leur prière
est exaucée ou non, que c’est la volonté de Dieu.
En aucun cas, réussite ou échec de la prière,
l’existence de Dieu n’est remise en question. Elle devient
donc infalsifiable. Le terme « infalsifiable » est utilisé
ici dans le sens de « que l’on ne peut rendre faux »,
et pourrait être remplacé par réfutable.
Personnellement,
on peut favoriser la validité de nos croyances en portant attention
à trois éléments particuliers :
1.
La quantité d’informations
Le conférencier admet qu’on ne peut pas toujours être
des scientifiques dans la vie de tous les jours. Toutefois, il souligne
que beaucoup d’informations, et des informations variées,
favorisent la validité de nos croyances.
2.
La qualité des informations
Sarrasin met l’accent sur l’importance de s’assurer
que nos informations soient pertinentes, liées au sujet de
nos conclusions.
3.
L’utilisation des informations
Il faut aussi évidemment s’assurer qu’on ne fait
pas de distorsions cognitives, comme la sélection, ou la généralisation,
lors du traitement des informations. ...
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