...
Conclusion
En
conclusion, l’esprit critique est extrêmement utile. Les
personnes plus critiques sont plus ouvertes, s’adaptent plus
facilement aux nouvelles situations, et ont un contexte de vie plus
agréable. La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible
de s’éduquer à l’esprit critique. Dans cette
optique, le projet « la philosophie à l’école
» a même été développé aussi
tôt qu’au primaire par un professeur de philosophie de
l’Université Laval.
Selon
Sarrasin, l’esprit critique nous aide ainsi à nous réaliser
en tant que personne. En somme, on peut être à la fois
sceptique et heureux. Mais, comme le disait Jean Rostand : «
Avoir l’esprit ouvert ne signifie pas l’avoir béant
à toutes les sottises. »
Période
de questions et de discussion
Développement
de la métacognition
Sarrasin
explique que la métacognition se situe au niveau du lobe frontal,
qui est myélinisé vers l’âge de 8 ou 9 ans,
et continue à se développer progressivement jusqu’à
la maturité du cerveau, vers 15-16 ans. L’utilisation
de la métacognition n’est pas la même chez tous
les individus. Cela s’explique par de nombreux facteurs tels
que le degré d’utilisation du lobe frontal et des facteurs
environnementaux et culturels. Aussi, ajoute le conférencier,
pour se servir de sa métacognition, encore faut-il connaître
les concepts de croyance, de validité, d’esprit critique
et autres.
Interrogé
sur la capacité du cerveau de se déprogrammer de ses
mauvaises habitudes, par exemple à cesser de faire de mauvaises
relations de cause à effet, le conférencier se montre
confiant que tous peuvent améliorer leurs capacités
à la métacognition. Bien qu’avec l’âge
on s’enferme habituellement dans nos mauvaises habitudes, à
force de répéter le processus, cela va finir par s’encoder
avec force dans notre cerveau. Le chercheur Daniel Wegner a d’ailleurs
montré que la répétition peut favoriser l’encodage
au point ou des pensées négatives apparaissent automatiquement
chez certains sujets tellement elles sont encodées fortement.
Les enfants peuvent donc être plus perméables à
l’influence critique, mais la clé pour changer nos habitudes
c’est d’être convaincu des conséquences positives
de ce changement. Dans ce cas-ci, il mentionne comme exemples une
augmentation du bien-être et une plus grande facilité
à l’adaptation.
On
s’interroge aussi sur la façon de protéger les
gens plus à risque contre ceux qui utilisent ces informations
sur les processus cognitifs contre eux. Par exemple, Loto-Québec
tente de faire croire aux joueurs qu’ils sont sur le point de
gagner en faisant mine d’aligner les cerises et les autres images
sur les machines. Sarrasin ne croit pas que ce soit nécessaire
d’empêcher de publier ces connaissances, tels certains
livres qui parlent en détails de la manipulation dans un contexte
de marketing (Robert Cialdini, Influence : Science and Practice).
La meilleure solution est à son avis de promouvoir un esprit
plus critique. ...
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