Compte-rendu de la conférence intitulée «Comprendre et dépasser les limites de nos processus mentaux» - 11 (rédaction: Anne-Sophie Charest)

... Conclusion

En conclusion, l’esprit critique est extrêmement utile. Les personnes plus critiques sont plus ouvertes, s’adaptent plus facilement aux nouvelles situations, et ont un contexte de vie plus agréable. La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de s’éduquer à l’esprit critique. Dans cette optique, le projet « la philosophie à l’école » a même été développé aussi tôt qu’au primaire par un professeur de philosophie de l’Université Laval.

Selon Sarrasin, l’esprit critique nous aide ainsi à nous réaliser en tant que personne. En somme, on peut être à la fois sceptique et heureux. Mais, comme le disait Jean Rostand : « Avoir l’esprit ouvert ne signifie pas l’avoir béant à toutes les sottises. »

Période de questions et de discussion

Développement de la métacognition

Sarrasin explique que la métacognition se situe au niveau du lobe frontal, qui est myélinisé vers l’âge de 8 ou 9 ans, et continue à se développer progressivement jusqu’à la maturité du cerveau, vers 15-16 ans. L’utilisation de la métacognition n’est pas la même chez tous les individus. Cela s’explique par de nombreux facteurs tels que le degré d’utilisation du lobe frontal et des facteurs environnementaux et culturels. Aussi, ajoute le conférencier, pour se servir de sa métacognition, encore faut-il connaître les concepts de croyance, de validité, d’esprit critique et autres.

Interrogé sur la capacité du cerveau de se déprogrammer de ses mauvaises habitudes, par exemple à cesser de faire de mauvaises relations de cause à effet, le conférencier se montre confiant que tous peuvent améliorer leurs capacités à la métacognition. Bien qu’avec l’âge on s’enferme habituellement dans nos mauvaises habitudes, à force de répéter le processus, cela va finir par s’encoder avec force dans notre cerveau. Le chercheur Daniel Wegner a d’ailleurs montré que la répétition peut favoriser l’encodage au point ou des pensées négatives apparaissent automatiquement chez certains sujets tellement elles sont encodées fortement. Les enfants peuvent donc être plus perméables à l’influence critique, mais la clé pour changer nos habitudes c’est d’être convaincu des conséquences positives de ce changement. Dans ce cas-ci, il mentionne comme exemples une augmentation du bien-être et une plus grande facilité à l’adaptation.

On s’interroge aussi sur la façon de protéger les gens plus à risque contre ceux qui utilisent ces informations sur les processus cognitifs contre eux. Par exemple, Loto-Québec tente de faire croire aux joueurs qu’ils sont sur le point de gagner en faisant mine d’aligner les cerises et les autres images sur les machines. Sarrasin ne croit pas que ce soit nécessaire d’empêcher de publier ces connaissances, tels certains livres qui parlent en détails de la manipulation dans un contexte de marketing (Robert Cialdini, Influence : Science and Practice). La meilleure solution est à son avis de promouvoir un esprit plus critique. ...

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