Compte-rendu de la conférence intitulée «Comprendre et dépasser les limites de nos processus mentaux» - 10 (rédaction: Anne-Sophie Charest)

... Comment la compréhension des processus cognitifs peut-elle influencer notre vie ?

Des émotions négatives peuvent être causées par des distorsions cognitives. Ainsi, la culpabilité, ou le sentiment de responsabilité face à un événement, peut venir d’un faux rapport de cause à effet.

Ainsi qu’un grand cuisinier qui a développé une expertise n’a plus besoin de recette pour agir sur les ingrédients et qu’un mécanicien peut diagnostiquer les problèmes d’une automobile grâce à sa connaissance de son fonctionnement, notre compréhension de nos processus cognitifs nous permet de déceler leurs lacunes. On peut ainsi agir sur nous-mêmes, dans une perspective globale de bien-être, qu’on peut comparer à un bonheur sceptique.

Le cerveau est le substrat de l’esprit critique, de la conscience. La métacognition, dont le nom indique qu’elle est au-dessus de la cognition, est en fait un processus cognitif qui peut agir sur nos processus cognitifs. Il s’agit d’une prise de conscience face aux stimuli, à nos manières d’interpréter, qui nous permet, si on y porte attention, de modifier nos interprétations. La métacognition n’est développée que chez les êtres humains, et un peu chez les mammifères supérieurs, car l’on raisonne surtout à travers le langage et les concepts linguistiques.

Les concepts sont un ensemble d’informations très complexe. Les mots permettent de les décrire de façon abstraite, mais ne sont pas limités au lexique. Le langage met des « étiquettes » sur nos connaissances, mais les mots ne forment pas la totalité de ces connaissances. Autrement dit, le langage permet d’expliciter une certaine partie de nos connaissances du monde (pour des informations étoffées sur cette question, consultez le livre The Big Book of Concepts de Gregory L. Murphy).

Les étapes de l’utilisation de la métacognition :

1. Identification
Puisque nous sommes tous humains, il est certain que nous faisons tous des distorsions cognitives. Il faut d’abord identifier nos distorsions cognitives, et identifier le contexte dans lequel on les fait, ainsi que leur intensité et leur influence sur nos émotions.

2. Exercice du doute
Il faut par la suite s’adonner à l’exercice du doute, c’est-à-dire remettre en question nos interprétations, enrichir notre espace de réflexion et réviser nos conclusions souvent trop rapides ou fondées sur un nombre insuffisant d’informations.

3. Retour sur cet exercice
Cette dernière étape n’est pas toujours nécessaire, mais réfléchir au processus et au résultat nous permet de se souvenir qu’on a réussi à diminuer l’influence négative de nos distorsions cognitives. Cela s’avère très utile pour les enfants ou les gens qui n’ont pas l’habitude d’utiliser leur esprit critique.
...

Retour aux articles

1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 -12 -13


_______________________________________
Accueil - Livres - Formation-thérapie - Conférences
Médias - Articles - Liens utiles - Contact

ENGLISH