Nicolas
Sarrasin remercie d’entrée de jeu les Sceptiques du Québec
de lui permettre de partager ses connaissances sur un sujet qui l’intéresse,
soit l’esprit critique et son substrat cognitif. Il souligne
que le contenu de cette conférence constitue une partie du
livre qu’il vient d’écrire : Petit traité
antidéprime. Ce soir, Nicolas Sarrasin explorera avec nous
la manière dont le cerveau a, à travers l’évolution,
développé des processus qui nous permettent d’évoluer
dans l’environnement de façon généralement
adaptée, bien qu’ils peuvent parfois nous jouer des tours.
Il expliquera aussi comment il est possible d’exercer un contrôle
sur ces processus une fois que l’on a pris conscience de leur
existence.
Notre
cerveau
La
survie d’une espèce est sujette au mécanisme de
l’évolution, un processus arbitraire par lequel seuls
les individus les mieux adaptés survivent. Le succès
de l’être humain est lié à son intelligence,
qui lui a permis de créer des outils pour transcender ses limites
biologiques. Toutefois, précise le conférencier, bien
que notre cerveau nous ait permis de survivre jusqu’ici, nul
ne sait si nous serons assez intelligents pour survivre encore longtemps.
La
compréhension de notre cerveau a grandement évolué
au cours de la deuxième moitié du 20e siècle
avec le développement des sciences cognitives. Celles-ci comprennent
des disciplines telles que l’anthropologie, la philosophie de
l’esprit, la psychologie cognitive, les neurosciences et certaines
spécialités de l’informatique, notamment le domaine
de l’intelligence artificielle, qui tente de reproduire certains
processus cognitifs. On peut diviser les sciences cognitives en deux
grands types selon le point de vue qu’elles adoptent face au
cerveau. D’un côté, la neurologie s’intéresse
plus au « hardware » du cerveau, aux mécanismes
physiques qui régissent son fonctionnement. De l’autre,
la psychologie cognitive étudie davantage le côté
« logiciel » du cerveau, c’est-à-dire la
manière dont il produit des résultats. Ainsi, alors
que les behavioristes percevaient le cerveau comme une boîte
noire produisant des réponses à partir de stimuli et
le croyaient impossible à étudier pour une question
de rigueur scientifique (argument tout à fait valable à
l’époque), les sciences cognitives nous permettent aujourd’hui
d’étudier son fonctionnement de façon scientifique.
Le
conférencier résume ainsi le processus de fonctionnement
du cerveau : les stimuli de l’environnement sont perçus
par le corps, puis traités par notre cerveau, et celui-ci produit
ensuite des réponses non arbitraires, puisqu’elles sont
influencées par nos apprentissages préalables. Les processus
qui prennent place dans le cerveau peuvent être divisés
en deux catégories : les processus inférieurs, inconscients
pour la plupart, comme l’attention et la reconnaissance, et
les processus supérieurs, tels que le raisonnement, le langage
et la conscience. Ce sont ces derniers types de processus qui intéressent
particulièrement M. Sarrasin. On peut aussi parler de processus
ascendants, dans la mesure où l’information sur l’environnement
« monte » jusqu’au cerveau, et de processus descendants
à partir du moment où le cerveau, traitant l’information,
maximise la réponse comportementale aux stimuli de l’environnement.
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