Comment
accéder au bonheur ? - 5
Un
jour, touchant à certaines limites, la vie m'a conduit à
un carrefour, m'obligeant à m’adapter, à faire des
choix dans des situations face auxquelles je ne me serais jamais imaginé
me trouver. Ce genre d’épisode reste pourtant normal et
la majorité d’entre nous traversera des épreuves
au cours de sa vie. Mais au moment où j’ai vécu
ces difficultés, je n'aurais jamais pu mesurer la chance que
j'avais véritablement à ce moment si je n’avais
fait des efforts conscients pour comprendre. L'apparente impasse devant
laquelle je croyais me trouver était en fait une magnifique opportunité
d’enrichir ma vie. En modifiant le sens que je donnais aux événements,
j’ai pu adopter les conditions de mon bonheur !
Cette
expérience m'a permis de constater l'ampleur avec laquelle le
sens influence directement notre manière de vivre. Et ce même
sens nous détourne trop souvent du bien-être. À
l'instar des philosophes – allant de Hegel à Nietzsche,
de Sartre à Krishnamurti – qui ont traité de l'importance
d'entrouvrir notre «conscience au monde», d'arrêter
de suivre machinalement le plus grand nombre, j'ai décidé
de consacrer un livre à cet outil remarquable que possède
l’être humain: la
conscience. Tout au long des chapitres, nous aborderons en détail
le fonctionnement de nos mécanismes psychologiques à travers
lesquels deux notions simples rendront nos tentatives de changement
extrêmement efficaces:
La
compréhension. Elle constitue le principal moyen d’identifier
la source des problèmes qui nuisent à notre bien-être;
elle permet de comprendre pourquoi et comment ces problèmes s’élaborent;
elle nous aide enfin à savoir quoi faire pour les régler.
La
tempérance. La tempérance est l’exercice
du contrôle lui-même. Elle représentera la possibilité
indéniable de maîtriser nos réactions qui, lorsqu’elles
sont négatives, constituent l’une des premières
causes de notre malheur. La tempérance sera particulièrement
utile pour maîtriser nos émotions.
Les
valeurs que je propose puisent leur source à même la profondeur
de ce que nous possédons de plus estimable et permettent de garder
quelque espoir lorsque les sursauts du malheur nous le font perdre.
Il s’agit du respect, de l’acceptation de soi-même
et des autres, de la coopération, de la confiance, du dépassement
de soi, bref, de tout ce qui favorise la vie. Nous nous intéresserons
donc à la manière dont nous utilisons le sens. Car mieux
comprendre la manière dont nous comprenons permet de
changer beaucoup de choses. Les gens qui bénéficient d’une
tendance naturelle au bien-être se reconnaissent d’ailleurs
aisément: ils sont ouverts et indulgents, sociables, joyeux et
tolérants. À l’inverse, les personnes malheureuses
entretiennent plus facilement la colère, l’insatisfaction,
la jalousie, la tristesse.
Dans
ses grandes lignes, ce Petit traité
antidéprime explique une partie de ce que vous connaissez
déjà intuitivement. Mais au lieu de rester les spectateurs
impuissants de problèmes ou de conflits qui se répètent
inlassablement, vous comprendrez ce qui se passe. Vous utiliserez ces
connaissances pour développer des compétences nouvelles
et améliorer votre sort. Lorsqu’une personne est déprimée,
ses proches s’évertuent souvent à l’aider
en lui disant quoi faire: « Il faut te remonter le moral, ne pas
entretenir pareilles pensées ! » Mais cette aide suscite
parfois de la culpabilité chez la personne déprimée.
Non seulement elle se sent malheureuse mais, aux dires des autres, elle
ne doit pas se sentir ainsi ! Elle est anormale ! Ce paradoxe découle
de la manière de présenter les choses.
Comme
dans mon livre, le but ne consiste nullement à juger les autres.
Nous verrons que notre cerveau se contente de fonctionner, avec de bons
et de mauvais résultats. Il ne s’agit donc pas d’affirmer
qui a tort ou raison. Nous essaierons simplement de nous harmoniser
à son fonctionnement. Je vous aiderai à entretenir un
état de bien-être en favorisant la maîtrise de ce
qui nous rend malheureux. Si la possibilité de remettre en question
nos interprétations a été donnée également
en partage à nous tous, il reste à ce que chacun détienne
les moyens d’utiliser cette capacité à son plus
grand bénéfice.
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